Vie et martyre du grand martyr Apa Epima traduite du texte copte

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13 مارس 2022
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La biographie complète du grand martyr saint Epima, établie à partir des manuscrits originaux et traduite du texte copte. Sa fête est célébrée le 8 abib, ce qui correspond au 15 juillet. Il n'existe ni image ni icône de ce saint. Le texte est tiré de la traduction française figurant dans l'ouvrage *Mina, Togo – Le martyre d'Apa Epima*. Les mots et expressions entre crochets sont destinés à apporter des précisions ; le terme « Apa » est un mot copte désignant les saints et signifiant « père ».
Voici la première partie ; la seconde se trouve dans les commentaires ci-dessous.

TRADUCTION

1- Martyre du bienheureux apa Epima (en grec epimachos), l'homme de Pankoleus dans le nome de Pemdjé, qu'il subit le huitième jour du mois d'Epip. Dans la paix de Dieu. Amen.

2- Ceci est le premier recensement qui eut lieu sur la terre d'Egypte au sujet des saints.

3- Or au temps de Dioclétien, le roi orgueilleux et impie , le diable accourut et excita (le roi) (Litt. le diable accourut et bouleversa son coeur) au sujet du perjure de l'archevêque Gaios : celui-ci ayant pris les trésors et ayant mis en liberté Nicomède, fils de Sapor, roi de Perse, avait juré mensongèrement au roi qu'il (Nicomède) était mort. Le roi Dioclétien prit les trésors , alluma dessous du feu jusqu'à ce qu'ils se liquéfiassent comme de l'eau, puis (en) versa dans le corps de l'archevêque jusqu'à ce qu'il mourût. Ensuite, il prit le reste de l'or, fabriqua soixante-dix statues et les appela des dieux. Le premier il l'appela Apollon , puis (ce furent) Zeus , Sérapis , Athéna , Artémis , et tous ]es autres dieux selon lems noms .


4- Le roi parla à ses grands, disant: "Ecoutez-moi, vous tous, mes amis". Ils lui dirent: "Parle, notre seigneur le roi". Il leur dit: "Je vous aime, mes amis, écoutez-moi". Ils lui dirent : " Que notre seigneur parle, ses serviteurs écoutent". Il leur dit: " Vous savez qu'un roi n'a pas coutume de dire des mensonges. Cette nuit, pendant que je dormais, dit-il, Apollon , le grand dieu, entra chez moi avec le reste des soixante-dix dieux; ils me parlèrent gentiment (Litt. dans une belle langue), disant: Voici que nous t'avons honoré, nous t'avons donné la victoire dans la guerre , honore-nous (donc à ton tour) dans ton royaume. Qu'est-ce que nous allons leur dire ? " Romanos, le capitaine , père d'apa Victor, répondit et dit (au roi): "Ecoute-moi et laisse-moi te parler. Comme on agissait au temps de Pharaon, roi d'Egypte, alors que les gens mettaient leur confiance dans les dieux qu'il avait créés, qu'on agisse de meme (aujourd'hui). Lève-toi, ô roi, et écris un décret pour l'Egypte, depuis Rome, la première ville , jusqu'à Philoe , la dernière ville près des Ethiopiens. Envoie (les ordres) au duc d'Alexandrie et aux gouverneurs de chaque ville afin que, dans chaque ville , on détruise toutes les églises , qui ont été bâties au nom de Jésus. (Ordonne) que l'on construise des temples dans chaque ville et dans chaque village ; que l'on rassemble tous les administrateurs de chaque province , afin qu'ils amènent leurs prêtres , leurs diacres , leurs lecteurs , tous les grands de chaque ville et de chaque village, tous les personnages principaux , les paysans ainsi que les chefs, et qu'on leur ordonne (c'est-à-dire aux administrateurs) de ne pas laisser (les chrétiens) faire d'offrandes ,et de brûler leurs livres. (Ordonne) que les prêtres aussi, dans chaque ville et dans chaque village, construisent les temples et qu'on dépense pour eux (c'est-à-dire les temples) sur le trésor royal (C'est-à-dire: "que les dépenses de construction soient imputées au trésor royal"). (Ordonne) qu'ils offrent de l'encens aux dieux, qu'ils tournent le visage vers l'occident et qu'ils les adorent. (Quant à) ceux qui ne les adoreront *pas, qu'on les tue par le glaive, le feu et toute sorte de tortures . (Ordonne) que l'on rassemble tous les prêtres et qu'on les amène à Alexandrie pour leur faire adorer les dieux en présence du duc ; qu'on exempte d'impôt leur terrain et qu'on renvoie le gardien de leurs champs".


5- Le discours plut au roi. Il dit: "Par Apollon , le grand
dieu, je ferai ainsi et je ne perdrai pas de temps ". Le roi se leva de bon matin le premier jour de Parmouté, pour commencer le nouvel an (Le premier Parmouté correspond au 27 mars), et fit paraître dans le palais un décret (Litt. un écrit.) ainsi conçu : "Soldats, capitaines , civils , (bref), toute personne qui se trouve dans mon royaume : ne me faites plus entendre ce nom de Jésus de votre (Le texte porte " de leur (sic) bouche ".) bouche, mais que l'on tourne le visage vers l'occident et qu'on offre aux dieux de l'encens , du vin pur et de la farine de froment pétrie". Et il fut ainsi fait et on publia le décret .

6- Or il y avait un jeune homme, c'était le fils d'un capitaine nommé Basilide, il vit le décret ( Litt. l'écrit.) affiché dans le palais , il pleura et cria, disant: " Mon Seigneur Jésus-Christ , viens à mon secours , allume (dans mon être) la flamme intérieure (Litt.. allume la lampe de mon intérieur) jusqu'à ce que je trouve la force de parler à ce roi impie qui dédaigne ton saint nom". Lorsqu'il eut dit ces paroles, il enleva sa cuirasse, entra chez le roi et se tint debout, n'ayant plus sur lui que son pantalon (de dessous). Le roi lui dit: "Qu'est-ce que cela ? " Il dit : " Je suis Christodore, fils de Basilide". Le roi lui dit : " Pourquoi es-tu debout ici, sans être revêtu de ta cuirasse ? Tu as perdu ]a dignité de ton père". Le jeune homme lui dit: "Je ne serai plus jamais ton soldat, ô roi, parce que le coeur du diable a poussé des racines en toi, mais je serai soldat de mon Seigneur Jésus-Christ
, celui qui a créé le ciel, la terre, la mer, les fleuves, et tout ce qui est en eux; et c'est (encore) lui qui m'a créé, moi aussi, et mon souffle est dans ses mains "(Cf. Dan. V, 23.). Alors , lorsque Je jeune homme eut dit ces paroles, le roi se mit en courroux, saisit un glaive de la main d'un soldat, (en) frappa Je jeune homme et l'att eignit au coeur. Quand les soldats eurent vu (cela), ils entourèrent le jeune homme et ]'achevèrent avec leurs glaives en le coupant membre par membre ( Mot à mot : " ils le firent membre membre par le glaive".). Il subit son martyre dans le mois de Pharmouté. Dans la paix . Amen.


7- Ensuite, le roi ordonna d'allumer (le brasier de) l'autel,
il posa dessus de l'encens , lui ainsi que tout le peuple de son royaume. Six mille soldats adorèrent (les dieux), ainsi que trente mille civils . Toute personne qui (était) dans la ville , les hommes et les femmes, les petits et les grands, (bref) tout être humain en qui était le souffle de vie et qui (se trouvait) dans cette ville, il les força tous à adorer, alors qu'ils étaient au nombre de deux cent quarante mille. Puis il écrivit des lettres et les remit à un capitaine, sur la cuisse duquel on avait imprimé (un sceau), et dont le nom était Dionysios. Celui-ci les apporta à Alexandrie et les remit à Arménios gui les envoya en Egypte pour qu'on en prît copie dans chaque ville et dans chaque province, afin que tous agissent selon ce qu'avait ordonné le roi.


8- Alors le courrier alla dans (toute) l'Egypt e, portant le décret depuis Alexandrie jusqu'au sud. Lorsqu'il fut venu à la ville de Pemdjé, il remit les lettres au gouverneur Koulkianos qui les lut et les trouva écrites de cette manière : " Tous ceux qui ne t 'obéiront pas, le pouvoir t'est donné de les massacrer ou de les envoyer à Alexandrie pour que je les châtie".


9- Or , lorsque Dieu a voulu chercher ses élus et relever la race des chrétiens sur la terre, pour que la gloire de l'église de Dieu apparaisse, Dieu a voulu que ses saints élus souffrent pour son saint nom, afin qu' ils entrent dans son royaume. Comme l'a dit le maître Paul dans sa sainte lettre : " .Il y a une grande affaire qui pèse sur nous à cause des martyrs" (Cf. Hébr. XII, 1.); voilà pourquoi il a plu à Dieu, Père de notre Seigneur Jésus-Christ , de chercher ses saints. Comme l'a dit Isaïe le prophète " Si les disciples de Dieu venaient tous auprès de moi , je les instruirais " (Cf. Is. LIV, 13 ; Jean VI, 45.).


10- C'est donc ainsi que fit Dieu : il suscita un esprit mauvais en Dioclétien jusqu'à ce qu'il persécutât les serviteurs et les martyrs du Christ ; de même qu'il avait endurci le coeur de Pharaon (Ex, IX. 12.) jusqu'à ce qu'il perséculât son people , en sorte qu' il le fit périr dans la mer et que le peuple de Dieu fut sauvé. Selon ce qui est écrit dans la Sainte Ecriture : " Il n'y aura pas de méchanceté dans une ville du Seigneur fondée par lui" (Amos III, 6.).


11- C'est encore ainsi que fit le roi impie qui irrita Dieu, ses anges et ses saints jusqu' à ce qu'ils l'expulsa ssent et le jetassent dans les lieux extérieurs, pour que les saints, eux-mêmes, du Père et de son saint Fils, Jésus-Christ, entrassent dans le royaume des cieux et en héritassent éternellement; selon ce qu'a dit le saint Evangile : " Venez, vous qui êtes bénis de mon Père, et héritez du royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde " (Matt. XXV, 34.). C'est donc ainsi que Dieu voulut agir clans la terre entière.



12- Ecoutez maintenant, vous à qui il a été donné d'entendre. Entendez, vous à qui a été donnée la sagesse, puisqu' il n'y a rien de plus doux que ce nom de Jésus , ni de plus glorieux que ce nom de chrétien .



13- Il y avait un paysan dont le nom était Epima . Il était âgé de vingtsept ans et habitait un village appelé Pankoleus, dans le nome de Pemdjé. Le nom de son père était Elie, et le nom de sa mère était Sophie. Or cet homme-là était juste et chrétien , maudissant tout mal. C'était (aussi) un sage (et un homme) charitable : il donna it à la maison de Dieu les prémices de ses récoltes . Toutes les paroles de la Sainte Ecriture , elles étaient (pour lui) comme une lampe l'éclairant intérieurement. Sa maison était du côté sud du village (Litt. de cet endroit.) , tandis que ses champs étaient du côté de l 'occident et quelques autres encore du côté de l'orient. Et cet homme, apa Epima, était rempli de tout précepte de l'Esprit Saint, et tous les habitants de cet endroit l'aimaient à cause de toutes les oeuvres de justification qu'il faisait, en sorte que son nom arriva jusqu' aux administrateurs et aux gouverneurs, à savoir que c'était un chrétien .On se mit à le chercher sans répit.


14- Or un jour que le bienheureux apa Epima dormait
dans sa maison, voici qu'un jeune homme lumineux se tint debout au-dessus de lui, (le) mit en émoi et lui dit : "Epima, Epima, ouvre les yeux et reconnais qui je suis. C'est moi Jésus-Christ dont l'étoile a brillé à l'Orient ; c'est moi Jésus dont les mages ont vu l 'étoile ; c'est moi Jésus au sujet de qui les anges ont fait une annonce aux pasteurs ; c'est moi Jésus qu'a engendré Marie; c'est moi Jésus qui fut martyr sous Ponce Pilate ; c'est moi Jésus la couronne des martyrs , l'agonothète de ceux qui luttent bravement . La paix que mon Père m'a donnée en venant au monde , moi je te la donne. Pourquoi es-tu assis, (te montrant) indifférent,tandis que la bataille s'étend et qu'on donne des couronnes pour rien? Voici que je t'ai déjà préparé une demeure dans les cieux ainsi qu'une couronne impérissable jusqu'à l'éternité. Il y a une grande bataille qui t'attend demain dans la ville de Pemdjé. Ta mort aura lieu le huitième jour du mois d'Epip, et ton corps restera pendant un grand moment dans la montagne de Chinouôté chez quelqu'un appelé Ammônios. Après ce temps, on apportera ton coprs à ta maison le dixième jour de Paôné. (correspondant au 17 juin) On t'emmènera à Alexandrie où l'on t'écoutera, (et) de grands miracles de ta part auront lieu dans cet endroit. Ensuite on te fera retourner et on te ramènera au pays d'Egypte et ta mort aura lieu là, dans un nome qui n'est pas le tien (La rédaction copte n'est pas très claire. Le sens est évidemment que ce voyage à Alexandrie se place avant sa mort. On verra plus loin qu'on emmène le saint à Alexandrie où le comte Arménios lui fait subir diverses tortures, puis qu'on l'envoie en Haute-Egypte pour lui trancher la tête. ). J'ai mis à ta disposition Jules, le protecteur et l'historiographe (des martyrs), l'homme de Kbehs, pour qu'il prenne soin de toi en ce lieu et pour qu'il écrive tous tes mémoires, les apporte à sa maison et les laisse là-bas jusqu'au moment où mon Père voudra qu'ils paraissent.Après cela il mettra ses serviteurs à ta disposition, afin qu'ils te restent fidèlement attachés jusqu'à ce que tu accomplisses ta lutte, et afin qu'ils mettent ton corps en sûreté et l'enterrent bellement. Que tes parents restent seuls et que tu meures avec gloire dans l'exil chez ton ami Ammônios, l'homme de Chinouôté, et le jour où mon Père voudra qu'on ramène ton corps à ta maison et qu'on l'y laisse, je ferai advenir un miracle afin que l'on croie à toi. Ma paix soit avec toi. Mais dis à Jules qu'il donne des ordres à ses serviteurs à qui il remettra ton corps , (leur disant) : Prenez bien soin de lui et déposez-le à l'endroit où l'on déposera mon corps ". Lorsque le Sauveur eut dit ces paroles au saint apa Epima, il fit le signe de la croix sur tout son corps afin qu'aucune torture n'ait de pouvoir sur lui. Il l'embrassa et monta Vers les cieux, tandis que le saint le suivait des yeux.


15- Or, le matin venu, le saint apa Epima se leva, sortit de sa maison et n'instruisit personne de ses hommes de ces paroles, afin qu'on ne lui fît pas d'opposition . Ce jour-là était le marché de la ville de Pemdjé. Il dit à ses hommes: "Je veux aller aujourd'hui au marché de Pemdjé pour acheter une vache dont j'ai besoin ". Ses hommes lui dirent: "Va en paix , que le Seigneur envoie son ange devant toi et qu'il dirige tes voies ! "

16- Alors le saint apa Epima sortit hors de sa maison, tourna son visage vers l'est, du côté de l'orient , et, les mains étendues, pria, disant: "Ecoute-moi, mon Seigneur Jésus -Christ, car c'est toi gui as dit: quiconque n'aura pas quitté père ou mère, frère ou soeur, femme ou enfant, jardins ou champs ou trésors (Cf. Matt. XIX, 29.), pour porter sa croix et me suivre, n'est pas digne de moi (Cf. Matt. X, 38. ). Tu sais, mon Seigneur, que j'ai abandonné, à cause de toi,tout ce qui est à moi: 'j'ai laissé dedans ce qui était dedans, et j'ai laissé dehors ce qui éta.it dehors. Quant à ma femme même, voici sept ans que je l'ai abandonnée, me dominant moi-même, à cause de ton saint nom. 'foi aussi, mon Seigneur, ne ferme pas contre moi les portes de la justice (Cf. Ps. CXVII, 19.) quand je viendrai vers toi, et puisses-tu rester avec moi pour me donner du courage jusqu'à ce que je trouve la force d'accomplir ce que tu m'as ordonné! Car à toi appartiennent la puissance et la gloire, éternellement, éternellement. Amen "(Cf. Apoc. VII, 12. ). Lorsque le saint apa Epima eut dit ces paroles, il se signa au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit , (puis) entra dans la ville de Pemdjé. Il entendit dire que le gouverneur siégeait devant la tribune dans l'Achilleion (Temple consacré à Achille dont on ne connaît pas d'autre mention.), en face du tétrapyle (Al-Bahnasâ possédait, paraît-il,comme Alexandrie, un Tétrapyle dont ce texte foumit l'unique mention. et C'est un bâtiment public et un monument antique à quatre colonnes.), écoutant quelques chrétiens dont voici les noms : Haap le diacre de Takanach , apa Hor l'homme de Tepoché dans le nome de Pemdjé, Maxime le prêtre de Chenarô , Pegoch le diacre , l'homme de Terbé , et en outre une foule de chrétiens de la ville de Pemdjé. Alors le saint apa Epima leva les yeux vers le ciel, disant : " Ecoute-moi, mon Seigneur Jésus-Christ , donne-moi assez de courage pour que je trouve la force de parler à ce gouverneur impie qui blasphème ton saint nom ". Comme il disait ces paroles, voici que l'intendant Anoubianos regarda et vit le saint apa Epima. Il se rendit chez le gouverneur et lui dit : "Messire le gouverneur,notre seigneur, voici Epima le chef de Pankoleus, il est venu et s'est placé debout en dehors de la tribune ; qu'il te déclare les clercs de son village et (qu'il t'apporte) les meubles qui (se trouvent) dans ses églises, (je veux dire) leurs livres, leurs tables, leurs vases, selon ce qu'a ordonné notre seigneur le roi ".


17- Aussitôt, le gouverneur envoya Théodore, le geôlier, (qui) le lui amena devant la tribune. Le gouverneur lui dit: "C'est toi Epima qui es le chef de Pankoleus?" Le saint lui dit : " Oui c'est moi, mais c'est Dieu qui est
le chef de nous tous". Le gouverneur lui dit: "De quel dieu parles-tu, Apollon ou Zeus ? Choisis pour toi l'un
de ces (dieux), qu'il te sauve". Le saint lui dit : " Je ne parlais pas de l'un de ces (dieux), mais je parle de Dieu, Père de mon Seigneur Jésus-Christ". Le gouverneur lui
dit: "Envoie pour qu'on m'amène ici tes prêtres, ainsi
que les vases dans lesquels ils ont coutume de célébrer la Synaxe ". Le saint apa Epima lui dit: " Nous n'avons pas de prêtres, mais nous avons coutume de chercher
en tout lieu jusqu'à ce que nous en trouvions un qui nous célèbre la Synaxe le samedi et le dimanche. Quant aux vases dans lesquels nous avons coutume de célébrer
la Synaxe, ils sont en verre, car nous sommes de
pauvres gens et nous habitons dans une humble chaumière". Le gouverneur lui dit : " Epima, tu ne pourras pas te rire de moi, car on m'a déjà informé de la ruse (?) ( ... ? .. . ) qui est en toi".


18- Anoubianos, l'intendant , se rendit alors chez le Gouverneur pour la deuxième fois et déposa une requite contre le saint apa Epima, disant: " Tu vois cet apostat, c'est encore un séditieux de la race des chrétiens ; à cause de cela il r ejette le décret du roi". Le gouverneur lui dit: " Epima, tu ne pourras pas te rire de moi; obéis-moi et accomplis l'ordre de nos seigneurs les rois, afin que tu ne fasses pas périr ta beauté de chair dans de mauvaises tortures ". Le saint apa Epima répondit en disant: "Mon Seigneur Jésus nous a déjà instruits, disant : Ne craignez pas ceux qui tueront vos corps ; votre âme , ils ne peuvent pas la tuer ; craignez plutôt celui qui peut tuer votre âme et votre corps dans la géhenne " (Matt. X, 28.). Le gouverneur lui dit: "Veux-tu que nous touchions à ta chair ? "( Le texte porte " tes chairs.") Le saint lui dit: "Ce qui te plait, fais-le moi, (car) mon Dieu Jésus-Christ est avec moi, me donnant du courage". Le gouverneur lui dit: "Je ferai que l'on arrache ta langue avant que tu ne prononces ce *nom en ma présence". Le saint lui dit : " Tu n'es pas digne d'entendre le nom de mon Dieu, car même les bêtes féroces et les reptiles, quand ils entendent le nom de mon Dieu, ont coutume de redresser leurs cous, et toi, tu le dédaignes. Car l'apôtre a dit: Quelle société entre le Christ et Bélial , ou quel accord entre la maison de Dieu et celle des demons et des idoles ? (Cf. 2 Cor. VI, 15.-16.) Et , à ce moment-là, le gouverneur impie se mit en colère et ordonna de suspendre le juste au Poteau et de le tourmenter.

19- Or ce noble apa Epima, dont tout le corps était une beauté (Mot à mot : "il y avait une beauté dans tout son corps".), dont les cheveux étaient bouclés comme les grappes de henné, quand on allait le suspendre au poteau , se signa sur la tête et sur le front au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Lorsqu'on l'eut tourmenté, tout son corps était baigné de sang. Il leva les yeux au ciel, tout en étant suspendu au poteau, (et) dit: "Mon Seigneur Jésus-Christ,; Jésus, ma vie; Jésus, mon Dieu; Jésus, mon refuge; Jésus, mon secours; Jésus, (toi) en qui je mets mon espoir; Jésus, oeil qui voit; Jésus , oreille qui entend, écoute-moi et aie pitié de moi, abaisse ton regard sur toutes mes souffrances, souviens-toi que je ne me suis jamais détaché de tes commandements, toi aussi, mon Seigneur, ne t'éloigne pas de moi, mais que ton nom et ta puissance soient glorifiés dans cette ville , afin que tous sachent que c'est toi seul le Dieu véritable et qu'il n'y en a pas d'autres en dehors de toi et de ton saint Père, dans le ciel et sur la terre, et du. Saint-Esprit , éternellement, éternellement. Amen. Je ne me suis pas éloigné de tes directives, mon Seigneur, mais je me prepare à mourir et à verser mon sang pour ton saint nom, cependant ne me laisse pas mourir maintenant, avant que je n'aie confondu cet impie ainsi que les oeuvres de sa main qui sont ses dieux impurs, de peur qu' il ne dise dans son coeur: je l'ai emporté sur celui-ci (Cf. Ps. XII, 5 .), et son Dieu n'a pas pu venir à son secours".


20- Or , comme le saint apa Epima disait ces paroles, tout en étant suspendu au poteau , sa supplication fit de l'effet auprès du trône de Dieu, et sa prière entra dans les oreilles du Seigneur Sabaôth (Cf. Jac V, 4,). Le Sauveur Jésus appela Michel (et) lui dit : " Viens, mon fidèle procurateur, va toucher le corps de mon serviteur Epima et guéris-le de toutes les tortures (que lui a causées) cet impudent gouverneur ". L'archange Michel descendit du ciel, se tint debout à la droite du juste , (et ) lui dit : " Courage, ô noble apa Epima, Dieu t'a entendu, il a enlevé de toi toutes tes souffrances, (et) j'ai été envoyé vers toi pour te donner du courage". Tout en disant ces paroles, il toucha son corps. Le bienheureux apa Epima se réjouit alors comme quelqu'un qui boit du bon vin. Il cria disant : " Sois confondu, ô gouverneur impie , car je ne me soucie pas de toi ni de tes tortures tant que mon Dieu est avec moi".


21- Lorsque les habitants de la ville de Pemdjé eurent entendu ces paroles, ils crièrent tous, disant: "Unique est le Dieu des chrétiens , le Christ Jésus , et il n'y a pas d'autre dieu que lui, dans le ciel et sur la terre". Lorsque le gouverneur eut entendu cela, il entra dans une grande colère, (et) donna des orders à quatre groupes de soldats, (qui) apportèrent des fouets (litt. nerfs) d'un seul morceau de cuir, saisirent le bienheureux apa Epima, le mirent à plat ventre, lui attachèrent les mains et les pieds avec
des courroies, et le frappèrent quatre à quatre, en sorte que son sang (Le texte porte " ses sangs ".) coula sur la terre comme de l'eau. Et le bienheureux apa Epima criait, disant: "Mon Seigneur Jésus-Christ , viens à mon secours . Lorsque son coeur (était sur le point de) s'arrêter par l'excès des coups (de fouet), tous les gens (qui se trouvaient) sur l'agora (Litt. ceux de l'agora.) de la ville poussèrent des cris sur lui.

22- Ensuite, il fit asseoir le bienheureux apa Epima sur
un siège en fer. On plaça sur sa tête un casque de feu et à ses côtés des torches allumées. Alors le bienheureux apa Epima se signa avec le doigt au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit . Aussitôt le casque devint comme une couronne sur la tête du bienheureux apa Epima, et les torches se retournèrent en arrière et brûlèrent ceux qui les tenaient. La foule de la ville cria, disant : " Grand est le Seigneur qui donne du courage à ses serviteurs avec gloire. Nous ne les laisserons pas tuer cet homme dans cette ville , mais il faut que nous l'enlevions publiquement et l'envoyions à sa maison. Si l'impie fait
la guerre avec nous, nous le lapiderons. Est-ce que nous
allons nous soucier d'un homme et abandonner Dieu ? "


23- Or , lorsque le gouverneur impie eut entendu ces paroles, il eut peur des habitants de la ville . Il se tourna vers le bienheureux apa Epima et lui dit: "Je t'adjure par Jésus, ce nom au moyen duquel tu fais de la magie , dis que ces torches de feu s'éloignent d es bourreaux , car elles les font souffrir ". Alors le bienheureux apa Epima leva les yeux au ciel et dit: "Ecoute-moi, mon Seigneur Jésus-Christ, car au moment où toi-même étant sur la croix , les Juifs te faisaient souffrir en te souffletant le visage, malgré tout cela tu demandais à ton Père de leur pardonner (Cf. Luc XXIII, 34. ) . En outre le prophète Isaïe a dit: Ne rendez pas le mal pour le mal (C'est sans doute par erreur que cette citation est attribuée à Isaïe ; en réalité elle se réfère à Rom. XII, 17.). Salomon a dit dans ses proverbes: Si ton ennemi a faim, donne-lui à manger, s'il a soif, donne-lui à boire, car en fai sant ceci, tu amasseras des charbons ardents sur sa tête (Prov. XXV, 21-22. ). Tu as encore dit, mon Seignem, dans le Saint Evangile : Pardonnez aux hommes leurs pechés, pour que mon Père qui est dans les cieux vous pardonne (Cf . Matt. VI, 14.). Maintenant, mon Seigneur Jésus-Christ , c'est l'heure où ton saint nom doit être glorifié" (Cf. Jean XVII, 1.). Puis il se tourna vers les bourreaux et leur dit : " Allez vous-en, Jésus vous a pardonnés".

24- Or , lorsque le gouverneur eut vu (cela) , il s'émerveilla, et tous les habitants de la ville glorifièrent Dieu. Ce gouverneur impudent se tourna alors vers le bienheureux apa Epima et lui dit : "Ne me diras-tu pas quel est ce miracle que tu as fait au moyen de ton front et ton visage ? Vraiment tu es un maître magicien. Ce miracle que tu as fait, je n'ai jamais vu quelqu'un qui l'ait fait. Je t'adjure par Jésus , ton Dieu, afin que tu me dises exactement la vérité ". Le bienheureux apa Epima répondit et lui dit: "Ecoute que je t'instruise. Ceci est le sceau que Dieu a scellé sur le visage d'Adam le jour où il fut créé ( Litt. le jour où il fut façonné). C'est encore le signe de la croix que mon Seigneur Jésus a portée ". Alors le gouverneur se tourna vers son assesseur et lui dit: "Qu'allons-nous faire de cet homme et de cette grande clameur qui nous suit dans cette ville ? Vois, on ne nous laisse pas le faire souffrir ". Son assesseur lui dit: " Obéis-moi et donne sentence à cet homme. Envoie-le à Alexandrie pour qu'on le châtie là-bas. Sinon, les habitants de cette ville - (qui) le connaissent, car c'est un homme vénérable, et (qui) tous le glorifient comme homme de science, fécond dans sa maison, chef de son village et de tous ceux qui sont dans son voisinage - ils ne nous permettront pas, pour ces raisons, de le tuer dans cette ville".


25- Le gouverneur écrivit alors (un rapport) ainsi conçu:
"Moi Koulkianos, gouverneur de Pemdjé, j'écris (Litt. il écrit.) à Arménios, comte d'Alexandrie, au sujet d'un saint chrétien appelé Epima, lequel est un habitant de Pankoleus dans le nome de Pemdjé et le chef de son nome entier, à qui tous obéissent et devant qui tous ont peur, à cause des oeuvres de sorcellerie qu'il fait. Pour cette raison, les habitants de la ville de Pemdjé, ainsi
que ceux de son nome entier dont il est le chef, m'ont fait opposition et ne m'ont pas permis de le faire souffrir. Voici que je te (l') ai envoyé pour que tu le châties comme tu voudras, jusqu'à ce qu'il obéisse à l'ordre de nos seigneurs les rois. Porte-toi bien , mon frère aimé ". Puis, après avoir écrit le rapport, il fit enchaîner les mains et les pieds du juste qui avait deux carcans autour du cou. On lui donna quatre soldats qui le conduisirent vers le sud au ......... (?) (Le mot est ambigu et désigne un lieu public peut être le temple d'Athéna) jusqu'à
ce qu'ils l'amenassent au fleuve. Ils le jetèrent au fond de la cale du bateau et naviguèrent avec lui tandis qu'il logeait au fond de l'embarcation. Le bienheureux apa Epima se chagrina et pleura en disant: " Jésus , mon Seigneur, Jésus , ma vie, Jésus, mon espoir, Jésus, mon secours, aie pitié de moi et sois avec moi partout où j'irai, car on m'emmènera à un endroit que je ne connais pas, et ce n'est que toi seul que je connais, Seigneur, Dieu, Tout-Puissant, Père de mon Seigneur Jésus-Christ , celui à qui appartiennent la gloire et la puissance, éternellement, éternellement. Amen ". Lorsque le saint apa Epima eut dit ces paroles, sa supplication fit de l'effet auprès du trône de Dieu, et sa prière entra dans les oreilles du Seigneur Sabaôth . Le Seigneur Jésus descendit (du ciel), monté sur une nuée de lumière, ayant Michel à sa droite et Gabriel à sa gauche, tandis qu'une foule d'anges lui chantait des hymnes. Il se tint debout dans l'air au-dessus du bateau et dit au saint apa Epima: " Joie au moment (où l'on doit avoir) de la joie, courage au moment (où il faut avoir) du courage.C'est moi Jésus qui ai pris corps dans le sein de la Vierge Marie. Ne crains pas, mon élu Epima, car je suis avec toi partout où l'on t'emmènera. Je te paierai ton salaire selon tes souffrances. Je te ferai asseoir dans mon royaume sur ton trône avec mes saints. Je te donnerai un nom de réputation et te ferai prendre part à l'offrande infinie dans l'église des premiers-nés de la Jérusalem céleste (Cf. Héb. XII, 22-23.). Ne crains pas, mon élu Epima, ma paix sera avec toi en tout lieu. Amen". Puis , lorsque le Sauveur eut dit ces paroles, il monta vers les cieux dans une grande gloire, tandis que les anges lui chantaient des hymnes. Et le bienheureux,
son coeur se réjouit d'avoir vu le Seigneur et il se mit à glorifier Dieu jusqu'à ce qu'il arrivât à Alexandrie.


26- Ce jour-là était (le jour) du grand jeûne (C'est-à-dire " le vendredi saint.") . Alors le saint apa Epima pria Dieu, disant: "Dieu, toi qui m'as créé (Litt. dieu qui m'a façonné.) dans le sein de ma mère et qui m'as fait vivre pendant toute ma vie jusqu'aujourd'hui, garde-moi des mains de cet impie durant ces trois jours: le (jour du) grand jeûne, le samedi et le dimanche , car ce sont des jours de fête dans le ciel et sur la terre, durant lesquels ne doit arriver aucun trouble". Et, comme il disait ces paroles, le bateau aborda au rivage d'Alexandrie.

27- Les soldats cherchèrent l'endroit (où se trouvait) Arménios, et, comme c'était un anniversaire du roi, ils le trouvèrent au spectacle des Jeux . Les soldats lui remirent le rapport sur Je bienheureux apa Epima, lequel les suivait les mains liées derrière lui et un carcan autour du cou. (Arménios) vint pour l'interroger ce jour-là, (mais) les habitants de la ville lui firent opposition, disant: "Non, non, ne gate pas nos Jeux, tu l'interrogeras plus tard". (Alors) il ordonna de conduire le saint apa Epima à la prison jusqu'au lendemain.


28- Or, la nuit où l'on jeta le saint apa Epima en prison, il y avait un homme enfermé dans la prison, possédé par un mauvais esprit qui le faisait souffrir. (L' esprit) cria d'une voix forte, disant: " Je sortirai de Dionysios, fils de Théodore serviteur du comte (?) (L'expression pourrait aussi signifier garde du corps), ô saint apa Epima, homme de Pankoleus, par peur de J'atêhange Michel qui marche avec toi et gui est entré dans la prison avec toi ". Aussitôt le demon renversa l'homme par terre et sortit de lui. Le coeur de l'homme se réconforta et il vint se jeter aux pieds du saint apa Epima.



29- Or , le concierge qui était préposé à la prison, lorsqu'il eut vu le grand miracle advenu grâce au saint apa Epima, il avait, lui, une fille unique et qui était enceinte. Celle-ci, étant en son mois d'accouchement, était arrivée à son troisième jour de douleurs d'enfantement et son enfant était retenu en elle. Son père lui fit venir une foule de médecins et une foule d' exorciseurs et de magiciens, (mais) ils ne purent la guérir . Lors donc que son père eut vu ce qui était advenu grâce au saint apa Epima, il alla le trouver, il se jeta à ses pieds et le pria de guérir sa fille. Le saint apa Epima lui dit : " Apporte-moi un peu d'huile pour que je prie dessus, afin que je fasse paraître en elle la gloire de Dieu, celui à qui appartiennent toutes ces gloires et tous ces miracles". Son père apporta l'huile en hâte au saint apa Epima. Il pria dessus et l'on en oignit la jeune fille.Aussitôt elle accoucha d'un garçon qu'on nomma Epima comme le nom du juste.


30- Après cela, il y avait un aveugle qui était assis sur le seuil de la porte de la prison , recevant l'aumône de ceux qui ent raient dans la prison et de ceux qui (en) sortaient. Il entendit parler des miracles du saint apa Epima, il se leva et alla le trouver dans la prison. Il se jeta à ses pieds et le pria afin qu'il lui donnât la lumière. Et , le saint apa Epima tourna son visage du côté de l'Orient (et pria), disant : "Ecoute-moi, mon Seigneur Jésus-Christ, toi qui as ouvert les yeux de l'aveugle quand tu te rendais à Bethphagé (Cf. Marc X, 46 et suiv.); Jésus, toi qui as donné la lumière à ces deux frères aveugles qui étaient assis sur la route recevant l'aumône (Cf. Matt. XX, 30.) ; Jésus , mon Dieu, toi qui, en jetant ta salive par terre, en as fait de Ja boue, l'as appliquée sur les yeux de l'aveugle-né et l'as envoyé à Siloé (d'où) il est revenu voyant clair (Jean IX, 6.). Ecoute-moi aussi, mon Seigneur Jésus-Christ, et aie pitié de ce pauvre homme qui reçoit l'aumône. Donne-lui la lumière afin qu'il aille faire son travail et son métier, pour qu'il puisse vivre et louer ton saint nom ; car à toi appartiennent la puissance et la gloire, éternellement, éternellement. Amen". Sur l'heure, le saint apa Epima plaça ses mains sur les yeux de l'aveugle, souffia dans son visage trois fois: au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit, et aussitôt ses yeux s'ouvrirent et il vit clair. Cet homme-là vint dans toute la ville, propageant la renommée d'apa Epima, au sujet des miracles qu'il faisait dans la prison , en sorte que toutes les personnes dans cette ville , qui souffraient de différentes maladies, lui furent amenées à la prison et il les guérit toutes par la puissance du Christ.
 

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31- Or , Jules, le protecteur et l'historiographe (des martyrs) , se trouvait dans cette ville , résidant auprès de la garnison d'Alexandrie. Il avait une soeur vierge dont le nom était Eucharistia. Elle était instruite, charitable, et prenait bien soin de ses serviteurs. Elle assistait les malades et les souffrants, et elle aimait toute la race des chrétiens . Bien des fois elle ordonnait, au sujet des chrétiens , à son frère Jules, disant: "Ne les tourmente ni ne leur cause aucune souffrance". Le diable sévit contre elle à cause du bien qu'elle faisait et de ses oeuvres de justice (Cf.Tite 3:5.). Il fit qu'un demon habitât en elle. Celui-ci la rendit paralytique dans son corps. Son bras droit se contracta ainsi que son pied droit; tout son côté droit sécha et elle se courba dans tout son corps. Elle passa, à la vérité, quatorze ans couchée sur un lit et ne se leva pas du tout sur ses pieds. Et Jules entendit parler des miracles que faisait le saint apa Epima dans la prison. Il se leva, se rendit auprès de lui dans la prison et le pria en disant : " Mon seigneur et mon père, j'ai entendu parler des miracles et des merveilles qui adviennent de ta part. Moi aussi, j'ai une soeur vierge qui fait beaucoup de bien aux pauvres et aux malheureux et qui aime la race des chrétiens. Le diable a sévi contre elle à cauee des oeuvres de charrité qu'elle faisait, et a brisé son corps par une grande et mauvaise maladie. Voici, à la vérité , quatorze ans qu'elle est couchée sur un lit et qu'elle ne s'est pas levée du tout sur ses pieds. Je lui ai fait venir une foule de médecins ainsi qu'une foule d' exorciseurs de magiciens, (mais) ils n'ont pu la guérir. Si tu addresses des prières à ton Dieu pour qu'il la guérisse, toutes choses dont tu as besoin je les ferai pour toi, et si tu veux que je te mette en liberté pour que tu ailles à ta maison en paix , je donnerais pour toi, au comte Arménios, jusqu'à trois livres d'or pour obtenir qu'il te mette en liberté, afin que tu ailles à ta maison en paix; seulement, fais-moi ta grande grâce". Et le saint apa Epima se mit à rire de Jules " (et lui dit) : " Je ne veux pas que l'on me mette en liberté, car ce n'est pas un être humain qui m'a fait violence et m'a amené à ce tribunal , mais c'est l'ordre de mon Seigneur Jésus-Christ qui m'a amené à cette situation . Cependant il y a une chose gue je te demanderai , celle-ci: je suis dans un pays étranger et n'ai personne ici capable de prendre soin de moi lorsqu'on rendra ma sentence . Je voudrais que tu prennes soin de mon corps et que tu l'envoies à mon tombeau (pour qu'il y repose) avec (ceux de) mes pères et (de) tous mes hommes, car mon Dieu m'a dit: Ton corps restera en ce lieu pendant un grand moment. Néanmoins donne des ordres aux hommes à qui tu remettras mon corps , (leur) disant: Ne faites savoir à personne, sur le chemin par lequel vous allez, que c'est un martyr ; sinon, on le leur enlèvera et on ne les laissera pas l'emporter à l'endroit que Dieu m'a préparé. Si tu me fais cette faveur , moi aussi j'obtiendrai grâce pour toi près de mon Dieu, le Christ Jésus ". Jules lui dit : " Cette chose-là, je suis prêt à la faire, car cette nuit un ange de Dieu m'est apparu et m'a ordonné de la faire (Mot à mot : "car on m'a ordonné, cette nuit dans une vision d'ange de Dieu, de faire ceci") ; et tes mémoires aussi je les écrirai, je les emporterai à ma maison et les y laisserai, afin que ta bénédiction et ta paix s'établissent fermement dans ma maison et dans toute ma descendance pendant toutes les générations de la terre. Cependant , je te prie de te souvenir de moi ainsi que de tous ceux de ma maison dans les endroits où tu iras". Et le saint apa Epima ouvrit la bouche et bénit Jules, en disant (Litt. il dit.) : " Mon Seigneur Jésus te bénira par la bénédiction de sa bouche, il bénira ta maison céleste qui n'est pas faite des mains (d'homme) (Cf. 2 Cor. V, 1.), et ni famine ni peste n'arrivera dans ta maison terrestre, et ta descendance , Durant trois ou quatre générations (Cf. Exod. XX, 5 ; Deut. V, 9,), ne verra point le jugement de l' Amenté.( L'Abîme ou l'Enfer ) Tu feras partie du choeur des martyrs de Jésus-Christ. Amen ".

32- Et , lorsque le saint eut dit ces paroles à Jules, il ajouta : " Envoie que l' on m'amène ta soeur ici, afin que se manifeste la gloire de Jésus , celui à qui appartiennent toutes ces gloires et tous ces miracles". Aussitôt,
Jules envoya ses servit eurs (qui), sur-le-champ, amenèrent sa soeur portée sur un trône et la posèrent par terre. devant le bienheureux apa Epima. Et ce noble apa Epima prit de l'eau et pria dessus, disant : " Je te prie, mon Seigneur Jésus-Christ, toi qui as guéri les paralytiques, qui as fait que les lépreux fussent purifiés, que les muets parlassent, que les sourds entendissent,
ô Dieu, par qui se produisent toutes les guérisons de la vie, écoute-moi donc aujourd'hui et accorde la guérison à ta servante Eucharistia, soeur de Jules, en récompense de tout le bien qu'elle fait à tes serviteurs les martyrs ; car à toi appartiennent la puissance et la gloire, éternellement , éternellement. Amen ". Lorsque apa Epima eut fini de
prier, il prit l'eau et la donna aux servants (d'Eucharistia) : celles-ci la baignèrent , et aussitôt son corps se redressa et sa chair brilla comme la chair d'un petit enfant. Elle se leva, se tint debout sur ses pieds, marcha et vint auprès du saint apa Epima, se jeta à ses pieds et les baisa. Le saint lui dit : " La grâce de Dieu s'est accomplie en toi. Lève-toi, va à ta maison et glorifie le Dieu des chrétiens: c'est mon Seigneur Jésus qui (désormais) accomplira (?) tous les services que tu rendais à ses saints ( Mot à mot : "c'est mon Seigneur Jésus qui accomplira (?) tout ton service qui était de servir ses saints".) " . Lorsque le saint lui eut dit ces paroles, elle s'en alla en marchant à sa maison, et pourtant elle était restée, certes, couchée quatorze ans ; et elle glorifiait le Dieu d'apa Epima, le Christ Jésus.


33- Or Jules donna la bénédiction à son serviteur personnel Faustos et le mit à la disposition du saint apa Epima, afin qu'il le servît avec fidélité dans ce dont il aurait besoin selon l'usage de ce monde jusqu'au jour où il aurait accompli sa destinée .



34- Le saint resta alors plusieurs jours en prison faisant de grands miracles et de grandes merveilles. Et , après tout cela, il advint que le comte impie Arménios entendit
parler des miracles et des merveilles que faisait dans la prison le saint apa Epima. Il fit préparer la tribune dans un endroit appelé le Sévérium (Le Césaréum d'Alexandrie est un temple imposant construit par la reine Cléopâtre VII dans la ville d'Alexandrie). de la ville. Il se fit amener (le saint) à la tribune. Il lui dit : " C'est toi Epima le sorcier ? " Il lui répondit: " Oui, c'est moi ; cependant je ne suis pas sorcier , mais je suis serviteur de Dieu,le Christ Jésus ". Arménios lui dit: "Que sont (alors) ces oeuvres de sorcellerie que, à ce que j'ai entendu dire, tu fais dans la prison ? " Le saint lui dit : " Ces oeuvres que j'ai faites et dont tu as entendu parler, je ne les ai pas faites au moyen de la sorcellerie mais je les ai faites parle nom de mon Seigneur Jésus-Christ. En effet, j'ai entendu parler d'un sorcier appelé Astratolé qui a fait de grandes merveilles au moyen de sa sorcellerie : il fit une incantation et le puits de l'abîme s'ouvrit et il y descendit voulant le parcourir. Le puits se ferma sur lui et les demons l'entourèrent. Les uns disaient: "Tuons-le", d'autres: " arrachons-lui la peau ", d'autres: "coupons-lui la tête", et d'autres disaient : "Arrachons-lui les ongles" ; ils pensaient également à lui infliger de grandes tortures. Il s'épuisa en invoquant les puissances , (mais) elles ne purent le sauver.


35- Puis il se souvint du Dieu des chrétiens et son coeur se réconforta.. Il dit dans son coeur: "Si pour avoir seulement pensé au Dieu des chrétiens mon coeur est ainsi réconforté, alors combien plus, si je le confesse par ma bouche et ma langue, aurai-je de pouvoir!" (Mot à mot: "combien plus ..................... ne pourrai-je combien". ) Aussitôt il cria d'une voix forte, disant: "Jésus-Christ, Dieu des chrétiens, si tu me sauves de cette impasse, j'irai verser mon sang pour ton saint nom". Et immédiatement le puits de l'abîme s'ouvrit et il (en) sortit. C'est pour que tu saches, toi, ô comte Arménios, qu'il n'y a pas un Dieu qui ait de pouvoir comme mon Dieu (Cf. 1 Rois II, 2.), le Christ Jésus : c'est lui qui détruira toutes les sorcelleries et toutes les pensées du diable avec lesquelles il ensorcelle tous les gens". * Arménios lui dit: "Laisse de côté toutes ces paroles et fais le sacrifice; tu ne pourras pas me persuader par de tels discours ". Le saint lui dit: "Une seule parole satisfait un sage. Que cette chose te soit claire: même si tu passes toute une année, à partir de ce jour, à lutter contre moi au sujet de cette question, à savoir "sacrifie" , il ne m'arrivera jamais d'abandonner mon Dieu le Christ Jésus pour servir les idoles abominables". Le comte Arménios s'irrita et dit au saint apa Epima: " Obéis-moi et fais le sacrifice avant que je ne fasse périr ta beauté de chair dans des tortures atroces. Et toi, demande-moi une grâce, que je te l'accorde, ca j'ai pitié de ta beauté ". Le saint lui dit en riant : " Quelle est cette grâce que tu m'accorderas ? " Arménios lui dit: "J'écrirai à mon seigneur le roi, afin qu'il te fasse une grande faveur (et) qu'il te donne cent soldats qui resteront sous ton commandement et à qui tu donneras des ordres". Le saint rit et lui dit : " Est-ce vraiment cela la grâce que tu m'accorderas? Vive mon Seigneur (Cf. 2 Rois XII, 5; Ps. XVII, 47.) Jésus-Christ ; même si tu me donnes cent soldats qui resteraient cent ans auprès de moi, cela ne vaut pas un seul jour dans le royaume de mon Seigneur Jésus-Christ ".


36- Alors Arménios ordonna, avec colère et irritation, de suspendre le saint apa Epima au poteau et de le tourmenter jusqu'à ce que sa flamme intérieure
s'éteignît.

37- Or le saint leva le visage au ciel, en disant: "Viens
vers moi aujourd'hui, ô ange de mon Seigneur Jésus-Christ, et secoure - moi en ce moment". Et aussitôt l'archange Michel prit la forme d'une colombe blanche et se posa sur le sommet du poteau auprès du saint apa Epima. Et les liens dont il était attaché se dénouèrent et le poteau se brisa et se scinda en deux. (Le saint) se tint debout à la tribune sans qu'aucun mal existât dans son
corps.


38- Arménios se mit en courroux et ordonna de le remettre en place de nouveau. Il fit dresser un grand bûcher (Litt. échafaud de combution.) sur lequel on roula le corps du juste avec des tridents de fer, jusqu'à ce que la peau (Le texte porte " les peaux ".) de son corps fût arrachée. Mais par la puissance de Dieu, le saint se tint debout au milieu du feu sans qu'aucun mal lui advînt, et il loua Dieu.


39- Après cela, (Arménios) lui fit arracher les ongles, un par un: on y mit du vinaigre et de la chaux vive. On coupa ses parties intimes et on y mit du sel. Mais le saint apa Epima endura cette torture avec vaillance.


40- (Arménios) fit apporter ensuite un (grand) vase rempli de plomb: on alluma dessous du feu jusqu'à ce que (le plomb) se liquéfiât comme de l'eau, (puis) on (en) versa dans son corps. Mais le saint apa Epima lui dit:" En vérité , ô impie insensé, je suis comme un homme qui est sorti de la chaleur accablé de fatigue et qui s'est rempli le corps d'eau fraiche".


41- Puis (Arménios) fit apporter des tridents rougis au feu: on les lui mit dans les oreilles jusqu'à ce que la fume se fût répandue au milieu de son cerveau. Mais le bienheureux endura cette torture avec vaillance.


42- Or l'impie ordonna de nouveau de brûler (le saint) avec des pointes de fer, en le lardant dans les flancs jusqu'à ce que les côtes de ses flancs fussent enfoncées. Puis il fit apporter des boules rougies au feu : on les lui plaça sur les mains jusqu'à ce que les nerfs de ses doigts se contractassent. Ensuite, on perça ses talons, on y passa des chaînes de fer, et on le traîna sur la place de la ville jusqu'à ce que la peau de sa chair ( Le texte porte "les peaux de ses chairs".) et les cheveux de sa tête adhérassent aux pierres de la place. On le fit venir de nouveau, on l'emmena et on le plaça devant le comte , sans qu'aucun dégât existât, le moins du monde, dans son corps. Les gens de la ville lui firent alors une ovation.


43- L'impie s'irrita et dit aux hommes de l'escorte et aux (autres) juges: "Voici, je vous jure que même si son Dieu
était droitier des deux mains, il ne pourrait pas le sauver de mes mains; seulement j'ai entendu dire que toute sorte de sorcellerie se faisait par ce nom qu'il invoque. Cependant, par la Fortune de nos seigneurs les rois, et par la gloire d'Apollon , le grand dieu, j'essaierai encore une fois, afin de constater le pouvoir de son Dieu, car c'est un (être) puissant que le grand dieu Apollon". Le saint apa Epima lui dit: " Puisque tu as blasphémé le nom de mon Dieu, et que tu as osé comparer sa grande gloire à (celle) de ton Apollon de pierre, tout le mal du monde te punira immédiatement, parce que tu n'as pas eu de crainte devant Lui ; cat c'est Lui qui, avec son Père,
a créé le ciel, la terre, la mer, les fleuves et tout ce qui est en eux. Ceux qui sont dans le ciel, et ceux qui sont sur la terre, et ceux qui sont au-dessous de la terre, tous Le glorifient, car Il est leur maître. Et toi, ô impie inique,tu le méprises, mais mon Seigneur Jésus-Christ te rendra muet, puisque tu as méprisé son saint nom par tes lèvres impures". Sur-le-champ, les lèvres et la langue du comte Arménios se collèrent et il ne put parler. Il pleura longuement et la foule s'émerveilla et cria, disant: "Il n'y a pas d'autte Dieu en dehors de toi, Christ Jésus , Dieu
des chrétiens ". Puis toute (la foule) se tut.

44- Le comte Arménios se leva alors sur son trône, alla saisir Jules, l'homme de Kbehs, et l'amena avec insistance au bienheureux apa Epima, afin qu'il le suppliât de le guérir.


45- Jules s'avança alors vers le bienheureux apa Epima,
le saisit dans ses bras et le baisa sur la bouche et sur la poitrine, tout en le suppliant. Le saint lui dit : " Vois ce que tu veux que je fasse, mon frère, et je t'obéirai en toutes choses. Car mon Seigneur a dit lorsqu'il était sur la croix, tandis que les Juifs le faisaient souffrir: C'est moi Jésus qui ne suis jamais resté sourd (aux prières) (Cf. Philipp. II, 8 ). Si celui qui a créé le ciel et la terre n'est pas resté sourd (aux prières), comment moi, son serviteur, resterai-je sourd? " Jules (lui) dit : " Je voudrais que tu dises qu' Arménios parle et qu'il cesse (d'être en) cet état". Mais le bienheureux saint apa Epima (lui) répondit : " Vive le Seigneur Dieu. Il ne parlera pas à moins qu' il ne prenne un calame, de l'encre et du papyrus et qu'il n'écrive en confessant le Dieu des chrétiens, le Christ Jésus, ainsi que son saint Père". Et aussitôt on apporta le calame, l'encre et le papyrus,tandis que la langue ( d' Arménios) restait collée dans sa bouche.

46- (Arménios) regarda vers le ciel et écrivit de cette manière: "Il n'y a pas d'autre Dieu que toi, Christ Jésus, qu'a enfanté la Sainte Vierge Marie. Nous savons, nous aussi, qu'on t'a crucifié et que tu es ressuscité d'entre les morts ; mais ce sont les rois qui nous ont contraints à cela, autrement, c'est toi le Dieu véritable et je crois en toi". On prit le Feuillet et tous ceux qui savaient écrire le lurent, et ceux qui ne savaient pas écrire furent informés par ceux qui savaient; et ceux qui ne savaient pas (Probablement ceux qui n'étaient pas au courant de l'affaire.) se mirent à se disperser çà et là en se taisant. La nouvelle se répandit dans toute la ville.


47- Le saint apa Epima marcha alors dans la direction du comte Arménios et dit: ''Au nom de Jésus -Christ, qui ouvrit la bouche de Zacharie, (quand celui-ci) écrivit sur la tablette : 'Jean est son nom', et que sa bouche s'ouvrit, que sa langue fut déliée et qu'il bénit Dieu (Cf. Luc I, 63-64.), - de même aussi, mon Seigneur, que la bouche de cet impie Arménios s'ouvre, afin qu'il parle et dise ce qu'il veut dire. Je sais, il est vrai , qu'il ne croira pas, mais c'est à cause de cette foule présente, afin qu'elle voie ta sainte puissance ". Sur-le-champ, l'impie Arménios parla avec colère et dit au saint apa Epima : "Tu as fait tout ce que tu pouvais vis-à-vis de moi, ô insolent, mais je ne t'épargnerai pas". Il ordonna de conduire le bienheureux apa Epima au bain public (Litt. au bain du public) et de lui attacher les mains et les pieds. On le jeta dans le foyer et on fit du feu sur lui pendant trois jours et trois nuits.


48- Or le saint apa Epima pria Dieu au milieu de la flamme, disant: " Ecoute-moi, toi qui as écouté notre premier père Abraham et qui as éteint le feu du roi Bosok sous lui (Ce détail fait sans doute allusion à un épisode contenu dans un apocryphe de l'Ancien Testament qui m'est inconnu. Il convient également de noter que le récit d'Abraham jeté dans le feu figure dans la tradition juive.) ; qui as sauvé Paul et Thècle du feu de Thamyris (C'est Thamyris, fiancé de Ste. Thècle "l'apostolique" qui fut, selon la tradition, l'ardente disciple de St Paul l'apôtre. Thècle laissa son fiancé, qui était païen, pour suivre St. Paul de près. Thamyris chercha alors a faire condamner St. Paul par le gouverneur Castellius, Nous connaissons par les Actes apocryphes de Thècle et Paul) ; qui as sauvé Joseph de la main du cuisinier en chef ; qui as sauvé Suzanne des mains des prévaricateurs (Cf. Dan. XIII, 1-63) ; qui as écouté les trois saints au milieu de la fournaise de feu ardent, et qui as envoyé ton ange qui les sauva de la main du roi Nabuchodonosor, lequel a commence à te confesser, en disant: N'est-ce point trois hommes qu'on avait. Jetes hes dans la fournaise? Et voici que je vois quatre homes déliés marchant au milieu de la fournaise, sans qu'aucun mal leur soit advenu; et l'aspect du quatrième ressemble à (celui du) Fils de Dieu (Cf. Dan. III, 91 et 92.). Maintenant, mon Seigneur, écoute-moi et sauve-moi au milieu de ce feu; car à toi appartiennent la puissance et la gloire, éternellement, éternellement. Amen". Et aussitôt l'archange Michel descendit du ciel et entra dans le foyer du bain auprès du saint apa Epima. II étendit sur lui ses ailes de lumière et fit que les flammes du feu devinssent comme un vent de rosée au moment de l'aube. Et Michel lui dit: " Courage, ô saint apa Epima ! C'est moi Michel qu'a envoyé vers toi le Seigneur, afin que je te secoure ". Aussitôt les liens se détachèrent du saint et il se tint debout sur ses pieds, regarda et vit l'ange de Dieu, et son coeur se réconforta en lui. II ouvrit la bouche et récita l'hymne que voici (Mot à mot: "et récita cet hymne de cette manière. disant".) : "L'ange du Seigneur entoure ceux qui le craignent, il les sauve et les rend prospères en quelque lieu qu'ils soient (Cf. Ps, XXXIII, 8.) ; selon ce qui est écrit dans la Sainte Ecriture : J'ai été jeune et voici que j'ai vieilli; je n'ai jamais vu un juste que le Seigneur ait abandonné; quant à toute sa postérité , il ne la laisse jamais manquer d'aucun bien (Cf, Ps, XXXVI, 25.), la fait vivre en temps de famine, car elle a Cru en lui"

49- Or, trois jours après, alors que le saint apa Epima se trouvait dans le foyer du bain et que le Seigneur Dieu le protégeait, il advint que le comte Arménios vint au bain et se déshabilla pour se baigner. Il se souvint du saint apa Epima et dit : "Tu as été confondu, ô sorcier Epima.Où est-il maintenant ton Dieu Jésus, en qui tu mettais ton espoir? Pourquoi n'est-il pas venu pour te sauver de mes mains?" Car il le croyait déjà consumé dans le feu. Et aussitôt, l'archange de Dieu écarta le dallage du bain, porta le saint apa Epima sur ses ailes de lumière et le posa dans la rotonde du bain sans qu'aucun mal lui fût advenu. Et, lorsque le comte Arménios le vit, il fut rempli de colère et d'irritation,s'en retourna et ne se plongea pas dans le bain ce jour-là. Alors le saint apa Epima sortit du bain et alla sur la place de la ville, en suivant le comte Arménios, tandis que la foule de la ville s'émerveillait à son sujet.


50- Or Eusèbe, notable de la ville, construisait une villa, tandis que son fils unique se tenait à la tête des contremaîtres , en les dirigeant. Celui-ci tomba du bâtiment qu'on construisait et sa cervelle sortit par son nez et tout son corps fut meurtri. Toute la foule
l'entoura et pleura sur lui. Le saint dit à la foule: "Eloignez-vous, afin que paraisse la gloire de mon Seigneur, celui à qui appartiennent toutes ces gloires et tous ces miracles". Aussitôt la foule s'écarta et le saint apa Epima se tint debout au-dessus du corps du jeune
homme et pria, disant ( Litt. de cette manière, disant,): "Ecoute-moi, Dieu, Père de mon Seigneur Jésus-Christ, toi qui as écouté notre premier père Adam; priant pour lui dans les eaux du Jourdain, toi qui as reçu sa penitence et lui as envoyé Michel qui lui donna la semence de la moisson. Jésus , toi qui as écouté la prière de tous tes saints et qui as exaucé leur demande , écoute-moi aussi aujourd'hui et exauce ma demande ; écoute-moi, mon Seigneur Jésus-Christ, toi qui as ressuscité Lazare d'entre les morts (Cf. Jean XII, 1.). Jésus, mon Seigneur, écoute-moi aujourd'hui, moi qui crie vers toi au sujet du fils d'Eusèbe, le notable de la ville, afin que tu lui accordes la guérison, pour que toute cette foule sache qu'il n'y a pas d'autre dieu que toi ni que ton bon Père, dans le ciel et sur la terre entière ; car à toi appartiennent la puissance et la gloire éternellement, éternellement. Amen". Aussitôt le saint apa Epima saisit la main du jeune homme, le releva et lui souffla au visage trois fois: au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Sur-le-champ le coeur (du jeune homme) se réconforta. Il ouvrit les yeux, vit le saint apa Epima, se jeta à ses pieds, l 'adora et loua Dieu, le Christ Jésus. Toute la foule s'émerveilla et glorifia le Dieu des chrétiens.


51- A ce moment-là, voici que cent six hommes de la ville s'avancèrent vers Arménios, le retinrent et ne le laissèrent pas aller dîner (Litt. aller pour le dîner), disant: "Unique est le Dieu d'apa Epima et il n'y en a pas d'autre que lui, c'est vers lui que, dès que nous l'avons connu, nous sommes accourus ; car nous aussi, nous sommes chrétiens et appartenons au Christ Jésus " . Irrité, Arménios les fit conduire sur la mer et prononça leur sentence. Il dit à Symachos : "Symachos, mon bourreau, Symachos, exécuteur (des sentences) de mon tribunal, viens, va vers ces chrétiens impies et agis envers eux selon l'ordre de nos seigneurs les rois ; la faculté t'est donnée de les exterminer par toute mort qu'il te plaira". Symachos, le bourreau, traîna alors les saints martyrs et les amena sur la mer . Il les répartit et les mit par groupes, (puis) prit son glaive et accourut vers eux. A quelques-uns d'entre eux il trancha la tete, à d'autres il abattit les jambes, et à d'autres il sépara les bras , bref , chacun selon son châtiment.

52- Symachos, le bourreau, se fatigua et s'assit un
peu pour se reposer. Quelqu' un d'entre la foule des saints, dont le nom était Dioscore, lui dit: "Symachos, mon fils, tu as assez fait couler le sang des saints, car grand est leur Dieu, il ne te tolérera pas et il fera retomber ( Litt. il amènera.) leur sang sur toi". Symachos dit:"Si Je meurs, que l'on place ma pupille droite sous le pivot (?) de la porte de l'Amenté ". Tous les saints, les vivants ainsi que les morts, repondirent: "Amen". Ce que tu as dit t'arrivera". Symachos, le bourreau s'élança et trancha la tête des saints qui restaient. Tout le firmament se remplit d'anges qui vinrent auprès d'eux, emportèrent leurs âmes et les parèrent de draps de byssus: ells étaient comme des colombes lumineuses sortant de leurs nids. Ils les emportèrent en haut, les firent asseoir sur leurs trônes et mirent sur leur tête la couronne impérissable, tandis que le saint apa Epima les suivait des yeux, en récitant l'hymne que voici (Mot à mot: " en récitant cet hymne de cette manière, disant".) : "Mon Coeur s'est réjoui de la joie de mes frères. Tu nous as entendus ô roi des habitants des cieux ,tu nous as donné la gloire et n'as pas permis que nous soyons humiliés. Puissent nos mains et nos pieds être dignes de pénétrer dans ta ville sainte. Puisse l'élévation de nos mains être pour nous un sacrifice pacifique en ta présence (Cf. Ps. CXL, 2) ".

53- Ce fut ainsi que ces saints martyrs subirent leur martyre, tous en un seul jour. Dans la paix de Dieu. Amen.



54- L'impie se retourna (dans l'intention) d'aller dîner (Litt. afin de partir pour le dîner), (mais) le saint apa epima courut au-devant de lui et le retint, disant: Vive mon Seigneur ! Tu ne mangeras ni ne boiras avant que tu n'aies rendu une décision à mon sujet". L'impie voulait égalemen lui faire connaître sa sentence , mais il craignait la réprobation de la foule, car tous les habitants de la ville aimaient (apa Epima) à cause des miracles et des merveilles qui s'opéraient par lui. Alors il réfléchit longuement de quelle maniére Il se débarrasserait de lui. Il fit convoquer près de lui
les dompteurs préposés aux bêtes féroces , et leur dit :"Allez et amenez-moi quatre bêtes féroces ". Ils allèrent et les lui amenèrent comme il leur avait dit : une lionne qui venait de mettre bas, un tigre , un ours et un léopard. II ordonna de les conduire sur la mer , ainsi que le saint apa Epima, à qui il fit lier les mains et les pieds. Il le fit monter avec les bêtes féroces sur une petite barque qu'on poussa vers le flot , tandis qu'une pointe de lance était fixée derrière Iui (Probablement pour l'empêcher de se retourner ou de s'enfuir.). II fit abandonner la barque au flot de la mer : on coupa les amarres, on laissa partir (la barque), et elle fut agitée par la tempête sur la mer ; alors que le saint apa Epima était monté sur (cette) barque avec les bêtes féroces .



55- Or le saint apa Epima pria Dieu, disant : "Ecoute-moi mon Seigneur Jésus-Christ, toi qui as écouté Pierre
et Jêan (qui), lorsqu'ils allaient au temple, trouvèrent un paralytique de naissance et celui-ci les ayant regardés, le guérirent (Cf. Act. des Ap. III, 1-2.); Jésus , toi qui as écouté David et qui le fis maître sur les fauves de la montagne, au moment où il paissait ses moutons (Cf. Rois XVI, Il, 19.); Jésus ,toi qui as donné de la force à Samson, (quand) il tua le lion dans le desert (Cf. Juges XIV, 5-6.) ;-Jésus, toi qui as envoyé ton ange, qui sauva notre père Daniel dans la fosse aux lions et fit que les lions devinssent familiers avec lui, les humiliant à ses pieds (Cf. Dan. VI, 27, 22,); - écoute-moi aussi aujourd'hui, moi ainsi que ces bêtes sauvages au milieu de ces masses d'eaux car, comme on m'a fait errer, on les a fait errer, elles aussi, loin de leurs demeures". Comme le saint disait ces paroles, voici que Michel descendit du ciel, monta sur la barque avec le saint apa Epima et détacha les liens du Juste . Il apporta quelques bonnes choses du ciel, et (apa Epima) mangea et but et son coeur se réconforta. Lorsque les fauves eurent vu l'ange du Seigneur, ils se jetèrent à ses pieds anisi qu'à (ceux du) saint apa Epima, à qui ils léchèrent les pieds.


56- Or sept jours après, il arriva qu'Arménios vint au bord de la mer, lui avec tous les hommes de l'escorte. L'archange de Dieu, Michel, poussa alors la barque et aborda au rivage de la mer devant Arménios. Armémos s'irrita lorsqu'il vit la barque qui abordait au rivage de la mer , et. sur laquelle il y avait le saint à qui les fauves léchaient les pieds , Il s'étonna fort, car il croyait que les fauves avaient déjà devore son corps et tous ses os. Il lui dit: "D'où viens-tu, ô sorcier impie ? " Epima lui dit : Dieu a envoyé son ange qui m'a sauvé et qui m'a amené ici, afin de te confondre avec tes dieux abominables". Alors Arménios fit dresser la tribune dans un endroit au bord de la mer appelé Poseidon (Neptune, dieu de la mer). Il fit asseoir le saint devant la tribune. Il ordonna de mettre le saint apa Epima sur un lit de fer. On l'attacha au lit avec des chaînes de fer et des "corbeaux" (un instrument de torture probablement une sorte de ceinture garme de pointes de fer qui s'enfonçaient dans le corps du martyr.) et on alluma du feu au-dessus de lui afin de le brûler. Aussitôt, voici qu'une nuée de lumière et de rosée s'étendit au-dessus du lit, elle répandit une rosée qui éteignt la flamme du feu. Et les chaînes de fer et les "corbeaux", au moyen desquels le juste était lié, se fondirent comme la cire devant la flamme. Le saint se tint debout devant la tribune sans qu'aucun mal lui fût advenu. Et immédiatement voici qu'une obscurité profonde enveloppa Arménios et toute son escorte à l'exception de Jules, l'homme de Kbehs. Puis, toute la foule cria, disant: "Sois béni, ô Seigneur, Dieu, Tout-puissant., avec ton Fils aimé, Jésus-Christ et le Saint-Esprit, (car) tu donnes du courage à tes serviteurs". Arménios dit d'une voix forte: "Appelez-moi Jules, l'homme de Kbehs". Et Jules vint et lui dit: "Que veux-tu que je fasse maintenant? Encore un peu plus et on va me lapider". - "Tout ce que tu me diras, Je le ferai",lui dit l'impudent. Jules s'avança et saisit le saint apa Epima dans ses bras, pour la deuxième fois, et lui dit: " Mon bien-aimé frère et père, aie pitié de nous en vertu de la puissance et de la bonté de Jésus. Que ton miracle advienne au milieu de toute cette foule, cette fois encore. Parle, afin que tous ceux qui sont devenus aveugles voient, car il n'y a pas d'autre dieu qui ait autant de pouvoir que ton Dieu". Et toute la foule cria, disant: "Oui, notre père, puissions-nous voir cette autre merveille, cette fois encore ! " Alors le saint apa Epima tourna son visage du côté de l'orient et pria Dieu. Puis, il marcha vers Arménios, lui toucha les yeux ainsi qu'à tous les soldats, et leur dit: "Allez, Jésus vous a pardonnés". Et aussitôt les ténèbres les abandonnèrent et ils virent clair. Arménios entra dans une grande colère (Litt. se fâcha d'une grande colère.) et (une grande) irritation, voulant encore tourmenter le juste par de mauvaises tortures. Toute la foule cria ouvertement: "Nous ne te laisserons plus, à partir de ce moment, tourmenter cet homme". Leur voix s'enfla tandis qu'ils poussaient des clameurs.


57- Théophane, le garde du corps , et Sothérique, le
conseiller, se retournèrent alors vers Arménios et lui
dirent : "Messire , notre seigneur Arménios, écoute-nous, exile cet homme et envoie-le en Egypte , pour qu'on l'y mette à mort. Sinon, et si nous le torturions , on nous frapperait .Car nous, nous connaissons les hommes de cette ville , ce sont des séditieux qui ne nous épargneront pas".


58- Or , pendant que la sédition régnait, voici que le gouverneur Rokellianos vint à la ville d'Alexandrie,
en compagnie de Sébastien qu'on avait nommé duc du Sud. Rokellianos avait été nommé duc de trois villes: la
ville de Hnès, la ville de Pemdjé et la ville d'Alexandrie; et Dioclétien leur avait écrit de monter en Egypte (Probablement pour reprendre leurs postes.) . Arménios fit alors enchaîner les mains et les pieds du saint apa Epima et lui fit mettre un carcan autour du cou. On le livra au gouverneur Rokellianos et au duc Sébastien, afin qu'ils l'amenassent avec eux en Egypte pour l'y mettre à mort, à cause de la grande sédition de la ville d'Alexandrie.


59- Puis, au moment où on allait faire monter le saint apa Epima sur l'embarcation, Jules vint, l'embrassa et lui dit : "Je te salue, mon bon père, souviens-toi de moi dans les lieux où tu iras. Je te salue, mon père, puisse le Seigneur te donner du courage jusqu'à ce que tu termines ta lute avec vaillance. Je te salue, mon père, que les anges de Dieu t'accompagnent jusqu'à ce que tu rencontres le Très-Haut". Et, lorsque Jules eut dit ces paroles au saint apa Epima, il appela ses serviteurs, Faustos et Théodimos, et leur remit le saint apa Epima, pour qu'ils restassent à le servir jusqu'à ce qu'il eût terminé sa lutte, et qu'ensuite ils veillassent sur son corps et le remissent dans le lieu que le Seigneur lui avait préparé, comme Jules l'avait dit (au saint). Il (lui) apporta une quantité de
parfums ainsi que des suaires propres . Et le notable de la ville, dont le saint avait guéri le fils, apporta une étoffe ( ?) (morceau de toile ou d'étoffe) délicate , toute en soie , et en outre une quantité de parfums choisis, qu'il remit aux serviteurs de Jules, afin qu'ils les emportassent avec eux en Egypte pour les mettre sur le corps du juste apa Epima, lorsqu'il aurait terminé sa lutte . Et Jules s'avança vers le gouverneur Rokellianos et le pria de les (les serviteurs) emmener avec lui en Egypte et de ne permettre à personne, en dehors d'eux, de server (le saint) et de ne pas les importuner jusqu'à ce qu'ils eussent rempli la mission dont il les avait chargés.


60- Alors le gouverneur et le duc montèrent sur la barque avec quelques groupes (de soldats qui les accompagnaient. On largua la voile du bateau et ils naviguèrent sur le fleuve vers le sud, jusqu'à ce qu'ils fussent arrivés aux limites de la ville de Hnès. Lorsqu'ils furent arrivés au port d'un village appelé Pehnamoun sur la rive occidentale du fleuve, le vent les abandonna et la barque aborda au rivage avec le saint. L'ange du Seigneur fit signe au saint apa Epima et lui dit: "Prépare-toi, ô athlète du Christ, ta lutte est proche de toi, car c'est ici l'endroit que le Seigneur t'a préparé, afin que tu y termines ta destinée.

61- Or il y avait à cet endroit une forteresse dans laquelle se trouvaient le tribun et des soldats qu'on appelait "la garnison de Tkemen". Il envoya (quelqu'un) à cet endroit et on lui amena des bêtes de somme pour monter au temple, afin d'adorer les dieux abominables. Aussitôt les bêtes de somme s'arrêtèrent et n'avancèrent ni d'un côté ni de l'autre. Alors le saint apa Epima dit (aux gouverneurs) : " Vive Dieu ! Vous ne quitterez pas cet endroit avant que vous n'ayez rendu ma sentence, car c'est ici la place de ma destinée qui m'a été désignée". Aussitôt on dressa la tribune à Pouôhnamèou. Il envoya (quelqu'un) au temple pour demander que les prêtres lui apportassent. (la statue du) grand dieu Apollon , afin qu'il l'adorât en ce lieu. Les prêtres lui apportèrent (la statue d') Apollon devant laquelle on offrait de l'encens. Le gouverneur, le duc, et tous les soldats se prosternèrent et l'adorèrent, après quoi ils s'assirent devant la tribune (qui se trouvait) en ce lieu. (Sébastien) ordonna qu'on lui rassemblât tous les chrétiens qui se trouveraient en cet endroit. On lui amena apa Sérapion, prêtre de Pouôhnamèou; Hôrion, prêtre du "Kastron" de Tkemen; Ebonah, chef de Tkemen; Eudémon, l'homme de Pouoeit ; Pet(o)siri, l'homme de Dilag, et en outre une foule des chrétiens de ce nome-là. Ils furent entendus publiquement. D'une part, quelques-uns d'entre eux furent massacrés, tandis que les autres, ils les firent monter avec eux sur le bateau. Ensuite (le gouverneur) les fit venir devant lui ainsi que le saint apa Epima (à qui) il dit: "Epima, voici ton maître, je l'ai fait amener et placer devant tci, pour que tu ne puisses plus faire désormais de sorcelleries ". Le saint apa Epima s'avança alors vers (la statue d') Apollon et la renversa par terre. Il reçut une force de réconfort de l'Esprit Saint, renversa le trône du gouverneur sous lui et lui donna des coups de pied sur la bouche et sur le visage, et maudit avec force les rois ainsi que leurs dieux. Après la grande chute que (le gouverneur) avait subie, ses dignitaires lui vinrent en aide et le replacèrent sur son trône . Le gouverneur fut rempli de colère et rendit (sa) sentence à son sujet, (à savoir) qu'on lui tranchât la tête.


62- Or , lorsqu'on allait l'emmener vers le lieu d'exécution , Sébastien le fit appeler auprès de lui de nouveau. - "Epima, lui dit-il, écoute-moi et ne meurs pas misérablement. Si tu as honte de sacrifier dans ton nome parce qu'on t'y connaît, voici, certes, qu'il n'y a personne (qui puisse) te voir ici, ni qui te connaisse ; sacrifie donc ici et nous te mettrons en liberté et tu iras à ta maison en paix .Qu'attends-tu donc ; pour attirer sur toi cette destruction et une telle mort, sans y être force par personne ? " Et ,comme le duc Sébastien lui disait ces paroles, le saint apa Epima lui dit: "Ecoute, que je t'instruise. Il y avait un homme riche qui avait une grosse fortune et qui avait des fils. Or ses fils, connaissant la richesse de leur père, rivalisaient l'un avec l'autre et le chérissaient extrêmement à cause de ses biens. Moi aussi, je connais la grande richesse de mon Dieu, celle qui est dans ses éternités lumineuses; j'ai dirigé mon coeur
vers lui, afin de recevoir une part de sa royauté, car je sais qu'il est un bon rémunérateur"( Cf. Hébr. XI, 6.). - "Tu es donc bien décidé dans ton coeur, lui dit le duc, à mourir misérablement, d'une mort aussi cruelle que celle-ci". Le saint lui dit: "La mort qu'on m'infligera n'est pas une mort, mais une vie éternelle dans le siècle qui vient ".

63- Rokellianos dit alors au duc : "Laisse cet impie insolent et qu'on lui tranche la tête, afin que nous nous
débarrassions de lui. Sinon, ses sorcelleries nous retiendront et nous empêcheront d'aller vers le lieu sur lequel notre seigneur le roi a constitué (notre pouvoir)".

64- Alors les bourreaux traînèrent le saint apa Epima hors du tribunal pour lui trancher la tête. Il dit aux bourreaux : "Je vous prie, mes frères, laissez-moi prier Dieu avant que vous me tranchiez la tête". Les bourreaux (le) lui accordèrent. Et le saint apa Epima tourna son visage du côté de l'orient et pria, disant: "Ouvre-moi les portes, mon Sauveur, pour gue j'entre en elles (Cf. Ps. CXVII, 19). Anges de lumière, tenez-vous avec moi; - Chérubins de lumière, tenez-vous avec moi ; - prêtres de lumière, tenez-vous avec moi ; - portiers de lumière, tenez-vous avec moi et ouvrez-moi vos portes . Que ceux qui sont à la droite (de Dieu) se tiennent avec moi, et que mes ennemis se retirent. Que les ténèbres se retirent et s'enfuient devant moi et que la lumière brille pour moi. Viens vers moi, mon Seigneur Jésus-Christ et sois pour moi un aide sur le chemin jusqu'à ce que je me présente à ton tribunal. Car à toi appartiennent la puissance et la gloire, éternellement. Amen".


65- Lorsque le saint apa Epima eut dit ces paroles, il tourna son visage en arrière et vit les serviteurs de Jules qui se tenaient debout, prêts à faire ce que leur maître leur avait ordonné. II les appela et leur dit: "Lorsqu'on m'aura tranché la tête, mettez bien en sûreté mon corps, cherchez une barque et chargez-moi sur elle• sinon ces impies ne me chargeront pas avec eux. Conduisez-moi vers le sud jusqu'au port de Pmouché et déposez-moi en ce lieu. Cherchez une monture et chargez-moi sur elle. Le Seigneur enverra son ange qui dirigera la monture jusqu'à ce qu'elle m'amène dans le lieu de sepulture de mes frères, car le Seigneur m'a dit: Ton corps restera là pendant un grand moment. Et surveillez vos paroles si les gens vous demandent "où allez-vous ? ", ou " qu'est-ce que cela ", ne dites pas que c'est un martyr, sinon, ils enlèveront mon corps de vos mains et ne vous permettront pas de l'emporter à l'endroit que le Seigneur m'a préparé".


66- Et , comme apa Epima disait ces paroles, voici que le
Seigneur Jésus descendit des cieux, monté sur un char
Lumineux, et tout le firmament se remplit d'anges qui vinrent au devant de l'âme d'apa Epima. Le Seigneur cria
d'une voix puissante: "Viens vers moi, mon bien-aimé Epima, pour que Je te paie ton salaire en récompense des souffrances que tu as subies pour
mon nom". Lorsque le saint vit le Seigneur, son coeur se réjouit et il dit à Jésus: "Ecoute-moi, mon Seigneur, afin que je te demande une faveur avant que l'on me tranche la tête". Le Seigneur lui dit: "Parle, mon bien-aimé, et dis ce que tu veux dire". Le bienheureux lui dit: "Je voudrais que tu m'accordes ma demande . Si quelqu'un de mon peuple commet un péché et qu'il vienne au-dessus de mon corps et se repente, tu lui pardonneras. Et celui qui écrira mon martyre en rendant illustre ma mémoire, tu déchireras la cédule de ses péchés et tu écriras son nom dans le Livre de vie. Et tous ceux qui donneront mon nom à leur fils en glorifiant ainsi mon nom, tu feras que ta bénédiction, ta grâce et ta paix demeurent stables dans leur demeure". Le Sauveur lui dit: " Tout ce que tu me demanderas je te l'accorderai ". Puis le saint apa Epima. Se tourna vers les bourreaux et leur dit : " Venez, mes frères, et accomplissez ce qu'on vous a ordonné". A ce moment-là (les bourreaux) lui attachèrent le bâillon sur la bouche et lui tranchèrent la tête. Il sortit de son corps du sang avec du lait. Et l'endroit où sa tête fut tranchée trembla trois fois. Le Seigneur prit l'âme d'apa Epima, l'embrassa, la fit monter avec lui sur le char et l'emporta vers les cieux. II la fit asseoir sur son trône glorieux, et plaça sur sa tête la couronne qui ne doit pas périr de toute l'éternité.

67- Ce fut ainsi que le saint apa Epima subit son martyre, le huitième jour du mois d'Epip, dans la paix de Dieu. Amen .


68- Et sitôt que l'on eut tranché la tête du saint apa Epima, le vent du nord se leva et les impies montèrent sur Je bateau et naviguèrent vers le sud. En uite, les serviteurs de Jules prirent les suaires et les parfums que leur maître leur avait remis et en couvrirent le (corps du) juste. Ils le chargèrent sur une petite barque et naviguèrent avec lui vers le sud jusqu'à ce qu'ils arrivèrent au port de Pmouché. Ils abordèrent au rivage et cherchèrent une monture sur laquelle ils chargèrent le corps du bienheureux. L'ange du Seigneur dirigea la monture: elle n'alla ni d'un côté ni de l'autre (C'est-à-dire "elle ne se détourna pas de son chemin".) jusqu'au moment où elle arriva à Pankoleus au sud d'un lieu appelé Chinouôté. La monture continua à marcher (jusqu') à un endroit nommé " la montagne de Chinouôté. La monture s'y arrêta. Une voix sortit du corps du saint apa Epima, disant: "Faustos et Théodimos, serviteurs de Jules, déposez-moi ici, car c'est l'endroit que le Seigneur m'a préparé (pour que mon corps y repose) jusqu'au moment où il plaira au Seigneur que l'on me construise une chapelle ". Et aussitôt les serviteurs de Jules déposèrent sur le sol Je corps du juste. Ils avaient à la main des aiguillons en bois d'olivier, avec lesquels ils stimulaient la monture; bourgeonnèrent et donnèrent de (petites) branches chargées de fruits.

69- Les habitants de Pankoleus, l'endroit où (apa Epima) était né, les habitants de Chi(n)ouôté et ceux du nome entier entendirent parler au sujet du saint apa Epima et au sujet du corps du juste. Ils sortirent (à sa rencontre) avec des encensoirs (remplis) d'encens, et des branches d'olivier (Les branches d'oliviers et de palmiers, qu'on porte pendant la préparation du corps pour l'enterrement
indiquent la joie à cause de la victoire spirituelle du martyr). Ils (lui) apportèrent une quantité de suaires et aussi de parfums qu'ils placèrent sur son corps. Ils l'ensevelirent dignement dans un cercueil magnifique en rapport avec son mérite, et le déposèrent dans un superbe tombeau appartenant à son ami Ammônios. Et tous les hommes de ce nome passérent sept jours à célébrer des fêtes en son honneur.

70- Après cela, les serviteurs de Jules s'en retournèrent et allèrent trouver leur maître, à qui ils racontèrent tout ce qui était arrivé au bienheureux apa Epima, et lui remirent les rameaux chargés de fruits, qu'ils tenaient à la main. (Jules) s'émerveilla beaucoup et glorifia le Dieu d'apa Epima.

71- Or moi, Jules, je m'assis et m'appliquai à écrire (Litt. je m'assis soigneusement et écrivis.) les mémoires du saint apa Epima, avec (le récit des) miracles et merveilles qui s'opérèrent par lui, afin d'emporter (ces récits) à ma maison et de les y laisser pour que la bénédiction qui en émane (Litt. leur bénédiction.) soit dans toutes mes demeures.

72- (Devant) Dieu, qui est le témoin de mon âme , de mon corps , de mon esprit , moi Jules (j'affirme) que je n'ai ni ajouté ni rien enlevé aux miracles du saint apa epima. Dieu m'a accordé cette grande grâce et ce don : Je n'ai ni sacrifié , ni été forcé (de sacrifier), car Dieu a permis que ces impies commettent un oubli (Litt. car Dieu a placé un oubli dans le corur de ces impies.), ils ne m'ont jamais demandé (de sacrifier), en sorte que J ai pu prendre soin des saints. Et lorsqu'il a plu à Dieu l'éternel d'effacer jusqu'au dernier de mes péchés et de me délivrer de mes iniquités, j'ai résolu d'aimer les saints. Je ne cessais de courir vers eux dans les prisons, prenant soin (de les rassurer) ce dont ils avaient besoin en ce qui concerne les nécessités de ce monde, conditionnées par (Litt. conformément à) la vie. Je leur apportais du feu, de l'eau et de J'huile pour apaiser (Litt. à cause de) les douleurs et les souffrances de leur corps .

73- Or , après cela, il advint que le roi impie Dioclétien mourut, laissant en tous lieux les prisons et les maisons d'arrêt encombrées (de prisonniers). Et moi Jules, lorsque
j'ai vu l'affliction des saints qui se trouvaient dans la prison d'Alexandrie, je me suis rendu chez l'éparque et l'ai prie de les mettre en liberté. L'éparque m'a dit.:
" Je crains, moi, qu'un autre roi impie se lève, qu'il
les recherche et que, ne les trouvant plus, je me trouve dans un grand danger" . Alors moi, je lui dis: "J'irai à la prison et j'y resterai avec ma femme, mes enfants et ma soeur Eucharistia, jusqu'au jour où Dieu donnera un ordre favorable à leur sujet". L'éparque me répondit: "Lève-toi donc, va et fais comme il te plaît ".


74- J'entrai alors dans la prison et je mis en liberté tous
les saints. Ils allèrent en paix chacun vers sa demeure. Je restai dans la prison d'Alexandrie, ayant avec moi ma femme, mes enfants, ma soeur Eucharistia, et servi par mes domestiques, jusqu'au jour où monta sur le trône le pieux roi Constantin, qui envoya (des messagers) en Egypte et fit évacuer toutes les prisons , depuis Alexandrie jusqu'au sud de l'Egypte entière. Lorsqu'on ouvrit la prison d'Alexandrie, je rentrai chez moi avec tous mes hommes.

75- Quand les saints eurent appris que j'étais rentré chez moi, ils se rassemblèrent tous en un certain endroit et vinrent me trouver. Et ma soeur Eucharistia apporta de l'eau et leur lava les pieds. Ils célébrèrent la messe dans mes demeures et je fus digne de leur grâce. Ils mangèrent du pain dans ma maison et me bénirent dans l'élan de leur âme. Quelques-uns d'entre les saints moururent dans ma maison à cause de la fatigue des chemins et des maux qui étaient dans leurs corps . Je les emportai et les ensevelis dans mes ateliers et dans mes magasins, afin que leur bénédiction y demeurât.


76- (Les saints) me bénirent ensuite dans l'élan de leur âme et me quittèrent l'un après l'autre. Ils allèrent en paix vers leurs demeures, vivant pour Dieu. Alors donc je plaçai un de mes serviiteurs dans chaque tribunal, depuis Alexandrie jusqu'à l'extrême sud de l'Egypte,
pour écrire les mémoires des saints, ainsi que les miracles et merveilles qui s'opérèrent par eux en chaque lieu. Et aussitôt je m'assis et m'appliquai à écrire (ces mémoires) en caractères romaïques (C'est-à-dire en grec.). Je les plaçai dans ma maison, afin que leur bénédiction y demeurât , et je crois que leur bénédiction et leur grâce ne cesseront pas (d'être) dans ma maison, en moi-même et dans toute ma descendance pendant toutes les generations de la terre .

77- (Que soit avec nous) la paix de tous ceux qui furent
martyrs pour le nom de notre Seigneur Jésus-Christ , celui à qui appartiennent la gloire, la puissance et le pouvoir dans tous les siècles, maintenant et à jamais, éternellement, éternellement. Amen.


78- COLOPHON
Quiconque lira dans ce livre : fais la charité de prier pour notre pieux archiapa Epima ainsi que pour son fils, le maître Ouenabré, car ce sont eux qui ont pris soin (du livre) et l'ont déposé au monastère du saint archangel Michel de Phantoou dans le nome du Fayoum, pour le salut de leur âme, afin que le saint Michel et le saint apa Epima et le saint apa Ouenabré implorent, à leur sujet, le roi Christ, pour qu'il leur pardonne leurs péchés et leur accorde les biens du ciel pour ceux de la terre, inscrive leur nom dans le Livre de vie et leur donne la récompense de leur voeu cent fois doublée, dans la Jérusalem céleste, la ville de tous les justes . Amen ! Ainsi soit-il !
 
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